La langue des signes française est une langue vivante. Sa structure est
complexe. Elle utilise le corps et l'espace environnant comme supports
signifiants. Comme toute autre langue vocale, ses constructions grammaticales
et lexicales sont hautement élaborées. Ce ne sont pas des codes. Elles
n’ont été inventées par personne, mais construites au fil de l’histoire
humaine, comme toutes autres langues.
La pratique de la Langue des Signes dans les institutions spécialisées
fut interdite en 1880 lors d'un congrès de spécialistes à Milan. Sur 164
personnes présentes à ce congrès, une seule et unique personne était sourde.
La totalité des personnes, à l’exclusion des américains, votèrent pour
l’interdiction de la langue des signes dans l’éducation des enfants sourds.
Les résultats de cette politique désastreuse ont été longtemps dissimulés.
Ils sont aujourd'hui connus.
Les sourds sont majoritairement illettrés. Depuis quelques années, une
prise de conscience qu'un enseignement en Langue des signes est la meilleure
des solutions puisque après cette forme de communication, tout est possible.
Il est maintenant prouvé que les écoles privilégiant les signes obtiennent
de meilleurs résultats.
La
LSF permet une éducation
bilingue pour les enfants sourds, donne la possibilité aux sourds d'accéder
aux études universitaires et à la formation continue par l'intervention
d'interprètes professionnels.
Aux Etats-Unis, où elle n'a jamais été interdite, l'American Sign Language
(
ASL) est la troisième
langue pratiquée dans le pays, après l'anglais et l'espagnol.
La
LSF est aussi une sorte
d'espéranto naturel. En effet, les sourds de différents pays peuvent communiquer
ensemble sans problème après un court temps d'adaptation où chacun prend
connaissance du lexique de son interlocuteur. C'est une vraie langue pour
échanger, communiquer, expliquer, comprendre le monde.
Fort heureusement, la langue des signes est en cours de reconnaissance
: Début 2005, Le Sénat a adopté en première lecture
la
loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et
la citoyenneté des personnes handicapées.
Les dessins sont de Daniel Lecoq (sourd).